
En bon lecteur solitaire et misanthrope, en ce qui concerne mes goûts, j'ai longtemps refusé de lire les "gros auteurs", ces chanceux qui ont la faveur du public, en faisant bêtement cette équation dans ma tête grosse vente= grosse daube. Bien que cela se vérifie pour certains auteurs que je ne citerai pas, j'ai dû faire un effort surhumain pour surmonter ma pédanterie et mes préjugés.
J'ai donc décidé de lire un polar de Michael Connelly, auteur apprécié par les amateurs de polar qui le décrive comme "efficace", "aux intrigues bien ficelé" ou "aux personnages travaillés". C'est donc porteur de ces avis dithyrambiques ( ce qui au passage renforce ma méfiance envers cet auteur) que je décide de prendre un livre de l'Américain au hasard. Ma main s'est dirigée vers A Genoux et je dois dire que j'ai plutôt apprécié mais c'était pas gagné.
Un homme est retrouvé mort sur un parking près de la célèbre avenue de Mulholland drive. On se dirige vers une enquête pour homicide pour le pugnace Harry Bosch, mais il se trouve que notre macchabé est un oncologue et qu'il manipule et a accès à des matériaux radioactifs. Vous l'imaginez on est après le 11/09, donc alerte rouge les fédéraux débarquent et là c'est parti pour des luttes de pouvoir qui occupent une bonne partie du livre et qui donne une sorte d'épaisseur à l'intrigue. Ce qui est dommage et si on est un peu malin c'est que l'on sait à peu près où l'auteur veut en venir, l’intrigue est quelque peu téléphonée .
Vous vous doutez bien que ce n'est pas l'intrigue qui m'a fait sauter au plafond comme l'aurait fait une crêpe à la chandeleur mais c'est le personnage principal qui a attiré toute mon attention. Harry Bosch ( dans cet épisode) est un flic désabusé ( comme d'habitude) mais je dois avouer que j'ai bien aimé sa simplicité, il est pas fort, il est assez vieux, il a un sale caractère mais Connelly n'a pas exagéré ses traits, le personnage n'est pas caricatural, il est plausible. Cette simplicité le met dans la peau de l'outsider, le mec qu'on n'attend pas qui en prend plein la tête aussi bien par les fédéraux, que par ses supérieurs ou son jeune coéquipier mais qui reste aussi droit que ses idéaux. En résumé c'est un emmerdeur, un homme qui va dans le zag alors que tout le monde va dans le zig, je l'aime bien ce Bosch.
Ma première expérience avec un polar de Connelly s'est avéré plutôt agréable mais pas exceptionnel, juste ce qu'il faut pour m'enlever de la tête que les auteurs célèbres ne sont pas toujours aussi mauvais, enfin c'est provisoire...
Plus: Harry Bosch
Moins: Une intrigue cousue de fil blanc, la fausse profondeur donnée par les luttes entre services et le côté politique du livre ( l'Amérique post 11/09) pas assez subtil...